Depuis toujours «l'image» quelque en soit sa forme, fascine les hommes et fait paradoxalement parler d'elle.

 

Source d'inspiration, elle est parfois idolâtrée parfois bannie ou condamnée comme profane, dangereuse ou vulgaire.

 

Depuis toujours elle fait l'objet d'avis, de jugements, d'expertises. Elle est donc qualifiée, aimée et décriée.

 

Aujourd'hui encore avec l'avènement d'internet et la gigantesque diffusion d'image à laquelle nous assistons la réflexion sur l'image est plus que jamais au goût du jour.

 

D'après certains l'image ne peut et ne doit s'appréhender qu'au travers de son commentaire, de la notice ou du texte la signifiant. Pour d'autres au contraire l'image se suffit à elle-même, elle parle d'elle-même et c'est ce qui en fait sa principale qualité et particularité. Le sujet, le cadrage, le support et le décor dans laquelle elle se trouve suffiront à lui donner un sens.

 

Dans ma pratique professionnelle l'image est considérée comme la représentation d'un point de vue, d'une attitude ou d'un positionnement par rapport à une histoire, des événements ou un contexte plus vaste. L'image comme « manière de voir» et de «montrer» ce que l'on voit du monde. Ce qui me surprend toujours c'est à quel point nous sommes envahis d'image. A quel point cela détermine nos prises de position et les choix que nous faisons. Plus que le discours les représentations nous façonnent, conditionnent nos expériences et nos existences.

 

Une des questions qui se posent souvent dans mon travail et celle de savoir s'il est possible,souhaitable même de changer sa «manière de voir», probablement que non: les images qui nous viennent, comme l'on dit, ce qui accroche notre regard semble échapper à la volonté. Par contre, la pratique d'un art visuel, la répétition des gestes liés à la réalisation d'objets peut amener à un repositionnement, à une distance critique qui pourquoi pas pourra conduire à une réorganisation du point de vue. Il en va ainsi des grandes productions artistiques où leur observation démontre que si les préoccupations et les obsessions des artistes restent l'évolution de l'œuvre démontre de la possibilité d'une progression et d'un mouvement.

 

Malheureusement nous n'avons ni le temps ni le loisir d'observer sur un long terme la production d'images des personnes qui participent aux Ateliers d'Expression d'Art Vif. Par contre durant les trois mois de leur stage nous leur proposons de créer toute une série d'objets à partir de différentes technique, ainsi la production d'images est plus variée et laisse plus de place à la spontanéité. Le travail du sens sera élaboré à partir de la création d'un scénario mettant en lien les différentes images et leur logique entre elles. Nous évitons ainsi de donner une interprétation aux images et laissons le soin à leur créateur d'en faire le commentaire, soit par un discours, soit par un montage, soit les deux et à l'infini au gré de la fantaisie dont chacun dispose.

 

Arianna Damiata

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